se rapprocher de soi : comment j’ai grandi en 2016

January 9, 2017

C’est drôle comme en grandissant, en accumulant les années de vie, 365 jours semblent passer de plus en plus vite. Forcement, un an équivaut aujourd’hui à un trentième de ma vie. Alors que pour ma plus jeune nièce par exemple, il s’agit d’un cinquième de sa vie. Un an finalement c’est presque rien, et pourtant, c’est suffisant pour changer énormément, pour faire de gros progrès.

Ce qui suit est une sorte de compilation des expériences de vie importantes et des sources d’inspirations qui m’ont forgé dans l’année qui vient de s’achever. J’y partage en supposant que ça puisse inspirer quelques personnes qui prendront le temps de lire.

le détachement / embrasser l’incertain

De novembre 2013 à mai 2016 j’avais pour la première fois dans cette vie un appartement à moi seul. Pendant cette même période, j’ai souvent bénéficié d’aides financières pour assurer l’essentiel. Étant forcé par l’hospice de trouver un job quelconque pour ne plus avoir besoin de leur soutien, je finis par y renoncer et décide de me démerder autrement, comme je l’avais très bien fait auparavant. Sauf que je n’avais plus envie de donner des cours de DJ et que pour aller passer de la musique il faut faire du social et/ou dépenser beaucoup d’énergie pour organiser des événements dans une ville ma foi petite qui ne me semble pas assez ouverte, curieuse et patiente pour ce que j’ai à proposer (ou alors j’ai pas assez essayé, pas rencontré les bonnes personnes). Ou alors, se faire un nom en composant ma propre musique, et là on viendrait à moi. Éventuellement. Cette dernière solution demandant plus de temps me bottait bien, même si ça ne devait pas mener à des cachets.

Dans tous les cas, je voulais expérimenter la vie dans un climat météo et culturel différent (y’a sans doute un lien entre les deux). Alors au milieu du printemps, je lâche mon logement. C’était cool, mais je savais que ça n’était pas pour le long-terme (tant pour la fonction de l’immeuble géré par la commune que d’après mon propre ressenti). Qui plus est je voulais me défaire de toute paperasse et sortir du système administratif qui je réalisais pour moi être un encombrement de l’esprit dont je pouvais me passer (sans doute été influencé par Henry David Thoreau). Je renonçais alors au confort du lieu où j’ai grandi, où le “coût de la vie” (qui paradoxalement n’a pas de prix) est l’un des plus élevé au monde, pour aller vivre dans une région où non seulement j’ai besoin de moins d’argent pour subvenir à mes besoins primaires, mais où en plus la qualité de vie – selon mes valeurs – est meilleure (plus de soleil, donc des aliments locaux contenant plus d’énergie, l’air de la mer, l’eau salée, moins de pollution). Je n’ai fait que choisir à mon humble avis une option plus saine pour un homme simple souhaitant canaliser son énergie créative et mener une vie douce. Maktoub. Maktoub bis. C’était écrit, et puis je l’ai écris moi-même dans mes cahiers.

Qui plus est, cette action impliquait naturellement l’expérience du détachement du centre de ma zone de confort et de la famille. Ce que je considère une étape cruciale pour qu’un individu puisse se connecter à ses propres valeurs et vivre sa vie. C’est d’autant plus encouragé quand on va à contre-courant et qu’on a des perspectives très différente de celle(s) nos parents (gardons à l’esprit l’énorme gap de connaissances entre les générations et surtout le fait qu’on vit chacun dans un monde souvent très différent; que plus on est vieux, plus il est complexe d’avoir un esprit ouvert sur le présent si on ne l’a pas acquis étant plus jeune). Si j’avais écouté mes parents (ma mère en particulier), j’aurais pas vécu ma vie et tu serais pas entrain de lire ce texte.

Alors depuis le 11 mai je vis comme un “digital nomad”, c’est-à-dire que je n’ai pas de domicile fixe, je voyage à travers l’Europe et me dédie à la créativité (mixtapes, composition musicale, écriture, vidéo) en partageant mes créations sur le web. Je loge avec CouchSurfing, chez des amis que j’ai hébergé à Genève (via CouchSurfing), chez de nouveaux amis que je rencontre en route (vipassana, amis de ces nouveaux amis) et si je ne trouve pas d’autre solution, chez l’habitant (avec AirBnB ou en demandant sur place aux gens) ou en auberge. Du coup je dépense beaucoup moins qu’un petit loyer genevois avec des aides : 60 euros en décembre, qui auraient pu être 40 si j’avais fait preuve d’un peu plus de patience.

Je m’enrichi de connaissances, ce qui signifie nouvelle “monnaie” invisible. Aujourd’hui je peux être utile pour plein de choses que j’ai appris à faire avec le temps, avec joie. Je peux offrir mes services. Et j’offre spontanément et inconditionnellement mon amour – par ma présence, mon attention, ma musique, mes écrits, mes sélections, mes partages.

J’aime raconter que je n’ai pas vraiment choisi ma situation, même si mes actions m’ont amené où je suis aujourd’hui. Ce que je veux dire, c’est que j’ai pas voulu, j’ai pas vraiment cherché. J’ai épousé mes valeurs profondes (en dépit de celles de mon entourage) et j’ai fait avec. Travailler pour payer des factures? Non merci. Je peux vivre autrement? Il semblerait que oui. Ok go. J’aime créer de la musique, faire des mixtapes, et y partager. Ok, cool, on fait ça. J’ai envie de vivre au bord de la mer, d’apprendre à naviguer, avoir un bateau. Ok, c’est parti. Bon, ça n’a pas été aussi facile que ça j’avoue. Parce qu’on m’a jamais encouragé à m’écouter et réaliser mes rêves. Ça m’a demandé du temps, de l’isolation. De longs échanges avec moi-même, notamment à travers l’écriture. Essentiellement, du temps avec soi, dans le silence, sans distraction. C’est vraiment simple et ça ne coûte pas un rond. La difficulté c’est accepter de passer à côté de certaines choses (c’est inévitable, qu’on le veuille ou non), de privilégier le temps avec soi alors qu’on a plutôt tendance à fuir notre propre présence, à bien s’entourer et oser dire non, oser rejeter, oser dire ce qu’on pense, oser mettre un terme à des relations toxiques, des habitudes néfastes. La difficulté c’est de s’accepter et s’autoriser à être comme on est – différent.

Uno, nessuno e centomila (Luigi Pirandello)

C’est en voyageant que je suis tombé sur ce livre. J’étais chez une amie dans la région de Bari (rencontrée deux ans avant chez sa soeur à Malte, via CouchSurfing) et le premier soir je lui demande une recommandation de lecture issue de sa bibliothèque. Elle me tend alors celui-ci. Je commence à le lire, ça me plaît beaucoup. Quelques mois après, à Catania, je me procure le livre. Je finis de le lire dans un petit parc au centre d’Agrigento, la ville de l’auteur. Je me souviens de l’émotion des dernières lignes. De l’humidité dans mes yeux. Je le place à côté de Walden (Henry David Thoreau) comme livre d’influence globale sur mon être, mon devenir. Des mots qui me sont venus à l’esprit aujourd’hui en méditant sur mon nouveau rapport à l’apparence, ce qui naturellement me connecte à ce livre : Il existe autant de toi(s) que de personnes qui te voient, pourquoi s’attacher à une image que personne ne voit? Pourquoi s’attacher à une quelconque image de soi, des autres?

Livre traduit en plusieurs langues, dont le français (Un, personne et cent mille).

Un autre livre que je viens de finir et recommande vivement : The Subtle Art of Not Giving a F*ck, de Mark Manson. En anglais.

vipassana : retraite méditative de dix jours

“Ce qui compte ce n’est pas de remporter un combat, c’est d’être totalement maître de soi.” – Tortue Géniale 

C’est le voyage encore une fois qui m’a amené à faire l’expérience de vipassana. Deux personnes (devenues de chers amis) que j’ai hébergé m’en on parlé. Ainsi qu’une troisième, une amie rencontrée au mariage d’un ami en commun, devenue proche elle aussi. De quoi attiser ma curiosité. J’ai donc fait cette retraite méditative de silence en novembre en Algarve, au sud du Portugal. Une expérience difficile à décrire, qu’il faut simplement vivre soi-même. Chacun la vit différemment. Ce que je peux dire, c’est que ça m’a permis d’expérimenter de manière relativement extrême l’inconfort mental et physique qu’implique un tel cours. Je crois avoir fait un énorme progrès dans le détachement et développé la clé de vipassana : l’équanimité, en toute circonstance. D’après Le Petit Larousse l’équanimité c’est : “égalité d’humeur; sérénité”. Si je développe avec mes mots, je dirais que c’est la capacité de ne pas se laisser envahir et contrôler par les émotions. Rester calme dans toute situation. Ne réagir que consciemment et que si c’est absolument nécessaire. Un curieux exemple : je médite, et voilà une mouche (ou deux, ou trois, ou cinq) qui se pose(nt) sur la surface de mon corps. Le réflexe habituel serait de bouger pour que la mouche ne soit plus en contact avec notre peau, parce que ça provoque une sensation que les gens habitués à ne pas rencontrer trop de mouche dans leur quotidien estime désagréable. En soi cette réaction n’est pas essentielle. Alors je finis par être amusé par ce challenge, et m’abstient de tout mouvement en réaction à la sensation des pattes de mouches sur ma peau. Et au bout du compte, je finis par trouver ça agréable. Idem pour toute démangeaison qu’on sentirait. Ces démangeaisons, ces sensations physiques ne sont que de passage. Elles apparaissent, puis disparaissent. C’est parce qu’on est un ensemble d’atomes, c’est l’énergie qui circule qu’on ressent. Pas besoin de se gratter. Se gratter la tête c’est finalement un geste inutile dont on peut s’abstenir. Et moins on bouge, plus l’esprit est calme. Se gratter la tête c’est désirer que la sensation jugée désagréable disparaisse. C’est de l’aversion. La même aversion générée quand on a mal à la tête et qu’on prend des anti-douleurs. La même aversion générée quand il pleut et qu’on désire que la pluie cesse. Tu veux peut-être aller arroser nos forêts? On oublie que le soleil est toujours là, au-dessus. Tout fini par passer. Les sensations (agréables ou désagréables), comme les nuages. On peut appliquer le même principe avec une attaque verbale, avec la mort d’un proche, avec toute information reçue qui génère des émotions. En gros, on apprend à ressentir sans réagir, on se désidentifie de l’esprit et du flot de pensées automatique. On apprend à s’observer et changer notre comportement, par défaut réactif et inconscient.

J’ai parlé des sensations désagréables desquelles on veut fuir, et c’est pareil avec les sensations agréables qu’on poursuit et qui amènent l’addiction. La drogue, le sexe, le rock’n’roll.

En gros, vipassana me semble être une méthode extrême et donc puissante d’efficacité pour apprendre à se détacher des sensations générées par les émotions (et donc devenir maître de ses émotions, de soi), après avoir observé et compris comment on fonctionne à travers l’expérience du corps et de l’esprit.

Un mois après avoir suivi le cours vipassana, je reproduis une petite part de son contexte en m’offrant une semaine hors-ligne (détails plus bas). En m’observant durant ces sept jours qui semblent contenir au moins quarante-huit heures chacun, je réalise qu’il se pourrait bien que l’effet de la retraite soit bien plus profond qu’on puisse le croire. Je pense qu’une telle expérience affecte des niveaux de conscience subtils. Ce qui en bouche un coin à l’habituel discours interne sceptique du mental.

No-PMO : le détachement des plaisirs sexuels

Début octobre je décide avec détermination de passer au moins 90 jours sans Porno-Masturbation-Orgasme. Ce qui n’empêche pas de partager des moments intimes et sensuels avec une partenaire, pour autant qu’il n’y ait pas d’éjaculation.

Le No-PMO (aussi appelé No-Fap) est devenu ces dernières années sur Internet un véritable mouvement, une communauté de mecs du monde entier souhaitant se détacher de cette habitude. Le challenge des 90 jours d’abstinence – le “hard mode” – est un cap qui, il est dit, permettrait de réinitialiser le cerveau à un fonctionnement sexuel naturel.

Je n’ai pas été parfait, comme je le décris ci-dessous. J’ai laissé mon esprit me convaincre que je pouvais faire certaines choses, rarement, en maintenant la détermination de la non-éjaculation. Ce qui n’a pas exclu des changements considérables dans ma sexualité, mon rapport aux femmes, au monde en général.

J’étale les détails parce qu’ils me paraissent profitables pour autrui :

Lors du troisième mois, il m’est arrivé de me toucher, seulement le matin au réveil, cédant partiellement inconscient à une étonnante envie de sexe. Sans avoir recours à mes yeux, et parfois même sans penser à quoique/qui ce soit. Et quand j’imaginais, c’était avec des filles que je connais et avec qui je n’ai jamais fait l’amour. Ça ne dure jamais longtemps, et je ne cherche pas à éjaculer. J’ai pu alors observer un comportement différent que par le passé. J’ai noté qu’après quelques petites minutes je m’arrête sans résistance et passe à autre chose. Ça n’arrive que le matin au lit, en sortant du sommeil. Le reste du temps, y compris quand je me couche le soir, mon esprit est trop focalisé sur les priorités (musique, lecture, écriture, sport, cuisine) pour se laisser distraire par des pensées sexuelles (ça peut arriver, mais c’est très court et je ne réagis pas).

J’ai eu plusieurs rêves érotiques, dont un seul s’est terminé en wet dream (éjaculation non-désirée), autour du 70ème jour. Le jour suivant j’ai refait un rêve apparement très excitant, cette fois en parvenant à me réveiller tout juste à temps pour reprendre le contrôle et éviter la même terminaison que la veille. C’est un fait d’autant plus intéressant pour moi qui m’intéresse particulièrement au sommeil, aux rêves et les différents niveaux de conscience.

Il m’est arrivé plusieurs fois de regarder une vidéo où une fille se caresse les seins. Je ne me suis pas touché. Je n’ai fait que regarder et ressentir les réactions sensorielles. Et je ne regardais qu’une fois la vidéo, à intervalles de plusieurs jours, voir semaines. C’est quelque chose qui m’intrigue – l’attirance, l’intérêt des hommes pour les seins. Si on vivait à poil, et qu’on verrait des seins tous les jours, on n’y penserait plus non? On n’en serait pas excité? Je me demande si on peut contempler des seins en se détachant du plaisir sensuel. Peut-être que ça peut contribuer à être d’avantage en contrôle de l’excitation lors des relations sexuelles (ce qui devrait je pense les rendre plus intéressantes) et surtout permettre d’avoir des relations humaines avec les femmes, sans être distraits par l’attirance sexuelle. Après j’avoue que c’est particulièrement chouette quand on rencontre une fille attirante et intéressante de la découvrir petit-à-petit. C’est peut-être en quelque sorte un symbole de l’intimité que de se déshabiller. Une autre perspective remettrait à jour le fait qu’il pourrait s’agir encore une fois d’un plaisir sensuel et que mon mental m’envoie son bullshit. Finalement je dirais que la seule chose qui compte est de se détacher des plaisirs sensuels (pas seulement liés au sexe) pour savoir les apprécier pleinement et sans abus (abus qui deviendrait donc addiction, et donc incapacité à apprécier avec conscience).

Je n’ai donc pas fait officiellement un “reboot” encore, aussi parce qu’il est indiqué de n’utiliser aucune stimulation sexuelle artificielle, ce qui inclut les substituts du porno (je cite YourBrainOnPorn.com) : parcourir les photos sur Facebook ou site de rencontres, liste de petites annonces, publicité pour sous-vêtements (c’est ce que j’utilisais étant gamin, avant Internet), vidéos YouTube, littérature érotique, etc. Dans mon cas la seule substitution était cette unique vidéo citée précédemment.

Mon ressenti dans cette expérience (étroitement affecté par les autres points cités dans cet écrit, et suggéré par des lectures) c’est que l’énergie sexuelle c’est l’énergie créatrice-créative, l’énergie vitale. Et qu’en gardant ce concentré en moi plutôt que l’expulser pour rien d’autre que mon propre petit plaisir sensuel, je peux alors faire le choix alternatif de canaliser cette force dans une activité qui me fera évoluer, qui peut apporter de la valeur à la vie de soi-même et d’autrui et générer du bonheur également sur le long-terme. Une énergie qui peut également être dirigée dans le sport.

Plus on éjacule, moins on a envie (de faire quoique ce soit). Moins on a de vie en nous. On est alors moins intéressé, moins intéressant.

Le corps épuise beaucoup d’énergie pour la production de spermatozoïdes, ce qui est sensé assurer la pérennité de l’espèce. Pas besoin d’être Einstein pour comprendre alors à quel point il est absurde d’éjaculer souvent, d’éjaculer pour autre chose que la procréation. À savoir qu’il est possible d’avoir de multiple orgasmes sans éjaculation, et donc au lieu de perdre de l’énergie, la conserver en la faisant circuler dans tout le corps.

Une semaine par mois hors-ligne

Depuis septembre ou octobre, je m’applique à passer une semaine par mois hors-ligne. Sept jours complets sans Internet. Le temps se rallonge. Je crée d’avantage, sans forcer. J’ai une idée (un sujet d’écriture par exemple) et au lieu de la noter pour y revenir plus tard, je la matérialise/développe directement. Je passe moins de temps devant l’écran, bien que j’utilise l’ordinateur pour la musique, pour écrire et regarder des films ou documentaires. Je vais me coucher plus tôt. Je lis d’avantage, aussi parce que j’ai l’impression d’être plus facilement concentré, de perdre moins souvent le fil de la lecture.

Ça m’a donné une nouvelle occasion de m’observer dans un certain contexte. Internet c’est la voie de communication que j’utilise le plus souvent (en différé, c’est-à-dire que je n’utilise pas les fonctions de messagerie en direct), parce que c’est convenable, c’est accessible pratiquement partout en tout temps et je touche des gens qui ne sont pas forcement proches géographiquement. Si ça a autant de succès c’est parce qu’on est des êtres sociaux – s’il n’y avait pas d’autres humains avec qui communiquer, on serait pas là. Du coup j’ai pu noter qu’à travers Internet je nourris ce besoin de me sentir connecté à mes semblables. Je me demande à quel point me priver de ce moyen de communication peut me pousser à sortir et aller à la rencontre des gens. Pendant la semaine hors-ligne en décembre (la dernière du mois), j’ai pensé ne voir personne d’autre que ma mère chez qui je loge en ce moment. Autant que je me sente capable d’une telle privation, le troisième jour j’ai été rendre visite à un ami (sans prévenir), qui m’a proposé de sortir avec un autre ami le soir-même, et nous voilà ensemble dans un bar. Et de noter aussi qu’une bonne partie de mes activités en solo sont destinées à être partagées, que je pense souvent aux autres (des personnes spécifiques ou juste le monde que j’ai le pouvoir d’atteindre via Internet) quand je lis quelque chose d’intéressant, quand je crée de la musique ou travaille sur une mixtape. Et ça sans que le partage soit la motivation première. Maintenant, si j’étais d’un coup le seul humain restant sur Terre, est-ce-que je composerais de la musique? Peut-être seulement dans l’hypothèse qu’un jour par miracle il y ait à nouveau quelqu’un d’autre pour l’apprécier. Je crois que je me contenterai de jouer des instruments.

Je me surprends aussi à consacrer un temps considérable (enfin je regarde pas l’heure) tous les jours pour mettre de l’ordre chez ma mère. Ça a commencé avec le frigo, puis le petit placard à épices au-dessus de la cuisinière et d’autres coins de la cuisine. J’aime optimiser les lieux de vie et éliminer le superflu. On a fait un tiramisu aujourd’hui. Longtemps que j’en avais envie, sans prendre le temps (quand on est sur-connecté, l’idée de cuisiner – comme plein d’autres activités – nous paraît beaucoup plus longue que la réalité).

Un soir je me suis mis à parcourir mes écrits, et j’ai réalisé qu’il y a beaucoup de merde, et beaucoup de belles choses que je pourrais compiler et partager sous forme d’e-book.

J’ai regardé plusieurs épisodes de la série TV documentaire COSMOS de Carl Sagan, que je recommande vivement. Tu savais que les étoiles sont des soleils? Ce qui implique l’existence de beaucoup d’autres systèmes solaires avec une ou plusieurs planète orbitant autour? Qu’à ce jour ont été découvertes 3557 exoplanètes (planètes hors de notre système) dans 2668 systèmes planétaires? Qu’il y a 601 systèmes multi-planètes confirmés? Une étoile sur cinq comme le soleil a une planète de taille similaire à la Terre dans la zone habitable. En assumant qu’il y a 200 milliards d’étoiles dans la Voie Lactée, on peut émettre l’hypothèse qu’il y a 11 milliards de planètes de taille similaire à la Terre potentiellement habitables dans la Voie Lactée, et jusqu’à 40 milliards si on inclut les planètes orbitant les nombreuses étoiles naines rouges (source : wikipedia).

On dirait bien que je me suis re-connecté à ma fascination enfantine pour l’astronomie.

Les films

Experimenter (Michael Almereyda, 2015)

Film historique sur les expérimentations du psychologue social Stanley Milgram, testant la volonté d’humains ordinaires à obéir à l’autorité.

“Comment des êtres humains civilisés participent aux acts destructifs, inhumains? Comment les génocides ont été implémentés si systématiquement, avec autant d’efficacité? Et comment les auteurs de ces meurtres vivent-ils avec eux-mêmes?”

Wings of Desire (Wim Wenders, 1987)

“Se regarder dans le miroir, c’est se regarder penser. À quoi tu penses?” – Marion 

Marion c’est le prénom d’une fille dont je serai toujours amoureux, je crois. Depuis le premier instant où je l’ai vu il y a neuf ans. Et je sais pas pourquoi. Mais pourquoi on devrait trouver une explication, une signification à tout? J’accepte ça. Il se pourrait qu’on ne se revoit jamais. J’accepte ça aussi. Le rapport avec le film? C’est le prénom du personnage incarné par Solveig Dommartin. Et je suis aussi tombé amoureux d’elle. Dans ce film on entend les pensées des gens. On voit des anges qui veillent sur ces gens, qui les accompagnent, qui les inspirent. Puis y’en a un qui aimerait être incarné et donc vivre comme un humain…

Victoria (Sebastian Schipper, 2015)

Un des rares films à avoir été tourné en une seule séquence continue (one-shot). J’ai cru lire quelque part qu’il aura fallu trois tentatives. C’est incroyablement réaliste. On s’immerge et s’attache à chaque personnage, c’est comme si on y était. Image merveilleusement accompagnée par la musique de Nils Frahm.

The Man from Earth (Richard Schenkman & Jerome Bixby, 2007)

Et si un homme de cro-magnon avait survécu jusqu’aujourd’hui? Un homme vieux de 14’000 ans, qui aurait cessé de vieillir physiquement à 35 ans?

Everybody Wants Some (Richard Linklater, 2016)

Mon faiseur de films préféré. Grande influence et inspiration pour moi depuis trois ans. J’aime beaucoup comment dans son dernier film il mêle légèreté et profondeur. On rigole beaucoup, les personnages sont attachants, les acteurs très forts (on dirait qu’ils jouent leur propre rôle) et on reçoit quelques perles de sagesse qui ne laisseront pas indifférents les plus sensibles. Un film qui relaxe, et qui fait du bien. C’est d’ailleurs dans ce film que j’ai découvert Cosmos de Carl Sagan dont je parle plus haut.

Quelques autres films qui m’ont marqué :

  • Only lovers left alive (Jim Jarmush, 2014)
  • Youth (Paolo Sorrentino, 2015)
  • The Artist is Present (Marina Abramovic, 2012)
  • Ecce Bombo (Nanni Moretti, 1978)
  • Anomalisa (Charlie Kaufman and Duke Johnson, 2015)

Et les deux premiers films que j’ai regardé en 2017 :

  • Le Cercle des Poètes Disparus (Peter Weir & Tom Schulman, 1989)
  • Cinema Paradiso (Giuseppe Tornatore, 1988)

Mes coups de coeur musicaux

La musique évidemment m’accompagne toujours. La bande sonore de ma vie et mes influences sont compilées et partagées par le biais de mes deux séries de mixes : Eclectic Soul et No Words Needed (instrumental).

Mon premier album et mon premier clip

L’année 2016 c’est l’année de la finalisation de mon premier album (forcement construit sur plusieurs années), et mon premier petit film musical. Une expérience tellement gratifiante. Une sorte de tentative de matérialisation de mes expériences de vie de ces derniers mois, ces dernières années. On peut y entendre mes nièces parler et rigoler à différents âges, mes potes, la trompette de Théophile, le train qui s’arrête, des bouts de mes films préférés, Adriano Celentano ou l’homme qui a alimenté le funk de mon père, la pluie qui tombe sur cette cabine téléphonique abandonnée à Malte, une voiture qui passe, un chant des femmes bulgares, moi qui fredonne ou qui joue du kalimba. L’album sera disponible entièrement d’ici la fin du mois de janvier.

The People

Je ne serai pas celui que je suis sans toutes ces rencontres valorisantes qui m’ont ouvert l’esprit, offert de nouvelles perspectives et encouragé à vivre autrement, comme bon me semble. Je suis aussi particulièrement reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont hébergé et qui me permettent de vivre ce rêve et ne pas trop me soucier de l’argent.

Envies pour 2017

Je vis au jour le jour, avec mes constantes qui sont la musique et l’amour. Cela dit il y a des choses qu’il me plairait de réaliser dans l’année. J’ai envie de m’installer au bord de la mer (je pense à la Sardaigne ou une île grecque), apprendre à naviguer, contribuer à un ou plusieurs films, me former à la permaculture et apprendre à masser.


~ amour et simplicité ~